LA PLAGE : CARTE BLANCHE A NOISE MAGAZINE



13 juin 2009
19:00


entrée libre

ELECTRIC ELECTRIC
Enfants,nous dûmes subir cette effarante réclame vantant les mérites d’un produit d’entretien reprenant à peu de frais une esthétique pseudo-industrielle et cryptototalitaire pour le particulier : “VIGOR, la puissance industrielle au service de vos sols”. À l’écoute de ce tant attendu premier album d’Electric Electric, on pourrait le reprendre à notre compte, tant ce disque est violent, cet effrayant slogan simpliste. Electric Electric, c’est la puissance de Slayer au service de Shellac. Mais ce serait effectivement simpliste, ne serait-ce que parce que la pochette de l’opus est un merveilleux pastiche/hommage (rayez la mention inutile) au Loveless (1991) de My Bloody Valentine. On craignait que les orages électriques subis sur scène ne soient impossibles à reproduire sur un format enregistré, mais le sadisme flagrant de la première écoute (la meilleure) de Sad Cities Handclappers vient balayer, avec une puissance non moins industrielle, tous nos doutes. Dans le contexte actuel de l’indie rock, qui signifie pour le commun des mortels un genre de chorale communautaire chantée, ce duo alsacien ne devrait pas être autorisé à enregistrer. D’où le côté salvateur, génial, dérangeant et simplement jouissif de ce disque barré. C’est pour la discipline (ce côté surtendu, obtus, psychorigide) que l’on pense à Shellac, mais un Shellac qui assumerait alors sa fascination pour le mal absolu (Slayer, donc), tout en restant dans les limites de la modernité, par un usage parcimonieux mais extrêmement bien tourné de l’électronique. On pense aussi au LCD Soundsystem prisonnier d’une secte sataniste, ou à un groupe afro centré coincé au mitard par d’intraitables officiers est-allemands. On songe aussi, assez souvent, à Trans Am. Apocalyptique, inhumain, et même parfois franchement pénible, Sad Cities Handclappers est mu par une force et des idéaux que l’on croyait oubliés depuis longtemps. Gageons qu’il impressionnera autant d’oreilles vierges que ne le fit la production de Martin Hannett sur Unknown Pleasures (1979) de Joy Division. Rien moins que la ligne Maginot du math, que dis-je, du free rock. – Chronique de l’album par Etienne Greib -Magic- septembre 2008

electric.electric.free.fr

artist_electric-electric1

ZARBOTH
Derrière un nom nous qui pourrait être emprunté au seigneur des anneaux (ou à un groupe hongrois?) se cache un duo formé par le batteur de We Insist! et le guitariste Phil Reptil (La théorie du Reptile). On passe la pochette d’un goût douteux pour se plonger dans le vif du sujet. On connaissait le savoir-faire technique des gars, mais, dans ce projet, les deux spécialistes semblent décider à se lâcher. On est là pour transpirer, pas pour jouer les virtuoses. Tant mieux ! La guitare sept cordes couvre un spectre large, donnant régulièrement l’impression d’entendre une basse saturée, tandis que la batterie injecte une énergie démoniaque. Et si le duo cite les principaux labels barrés de la planète (Ipecac, Tzadik ou Skin Graft), c’est bien du côté des quelques groupes abusivement qualifiés de jazz-core qu’on se tourne. Ayant définitivement l’impression d’entendre un basse-batterie, c’est le souvenir des Belly Button et de Nomeansno qui reviennent régulièrement à l’esprit. Nomeansno au niveau des chants, et Belly Button pour l’énergie débridée. Rien d’encombrant donc, mais de belles références tout de même. Zarboth titille tour à tour, et dans le désordre le plus complet, le punk, le metal ou la , n’hésitant pas à injecter un certain lyrisme ici ou là… pourtant, malgré les nombreuses escapades, les compos ne se perdent pas en détours pompeux.
Le groupe avance droit devant, avec une énergie bien punk dont le son gras et bruyant rend toute la désinvolture. Ça sent la sueur et le poil par ici… bien plus que l’odeur aseptisée de la boite de jazz (© Michel Jonasz) ! Pendant tout juste 30 minutes, les deux protagonistes, bien qu’habitués aux musiques barrées, évitent les acrobaties trop aventureuses et donnent vie à un monstre particulièrement humain, et définitivement rock. Une bonne surprise en somme. POSITIVE RAGE (mars 09)

www.myspace.com/zarboth

zarboth

www.noisemag.net

BLACKTHREAD

Tags: , , ,

Ecrire un commentaire